Bon ben voilà, je viens de télécharger le nouveau RADIOHEAD intitulé In Rainbows[/i]... Et je suis vraiment dans l'arc-en-ciel. Je ne reviens pas sur le mode de distribution (voir les postes précédents). Mais alors cet album est une petite merveille... Et je vais m'efforcer à le commenter sans trop paraitre "fan de base" car il le mérite vraiment.
J'avais été assez déçu par le précédent album "Hail to the thief" où l'écriture et l'enregistrement avaient été volontairement forcés pour un résultat assez "brut". In rainbows a effacé çà d'un trait d'un seul. c'est un véritable arc-en-ciel qui vient après la pluie pour réconforter nos coeurs.
Cà en est presque biblique, un signe de réconciliation entre les artistes et leurs auditeurs. Un mot s'impose après la 1ére écoute de l'album : beauté. C'est mélodique, mélancolique, brutal, violent, recherché, travaillé, retravaillé, abouti... 2 titres datent de quelques années (Nude, reckoner) comme souvent avec Radiohead et on trouvent en eux la preuve d'une -nouvelle- évolution du groupe pour peu de réécouter ces anciennes versions.
Dans le détail et dans l'ordre : 10 titres 42 minutes... celà rappelle étrangement un certain KID A...
15 Step en intro : électro à souhait sans tomber dans l'excès, marquand le pas avec Kid A justement tout en gardant l'expérience acquise au fil de ces dernières années. Puis ces petits cris d'enfants en plein milieu du morceau, ces claps claps, ces milliards de détails, etc, etc...
Bodysnatchers est LA chanson rock de l'album : des guitares de partout, des guitares en vrille, des guitares à l'envers, des guitares saturées, des guitares lyriques, des guitares criardes...
Nude : OH MY GOD... La version 98 était belle avec son rhodes, mais aujourd'hui, place aux petits arpèges, aux gratouillis minutieux (on dirait que johnny greenwood râpe ses cordes avec un médiator en or en évitant de tout abîmer) probablement une des plus grandes réussites émotionnelles de l'album... ouhouhou...
Weird fishes/arpeggi :Une batterie jazzy (le son caisse claire isn't it ?), une basse étonnante et vibrante, ronde à souhait, une voix à faire pleurer jonah lomu et sébastien chabal (le texte aussi), des guitares envoutantes... mélanger le tout et vous obtenez une version album vibrante et émotionnellement au top. c'est splendide.
All I need... çà monte, çà monte, çà monte et çà explose (sans conotation sexuelle).Basse saturée, batterie assurée, vibraphones scintillants... La voix est belle et très très juste, au bord du gouffre mais toujours sur le fil, le cresendo final est à chialer...
Il y a indéniablement du Elliot smith dans Faust arp. une petite pièce acoustique et sensuelle ornée de cordes ondulantes telles une aurore boréale. une fort agréable surprise.
Reckoner, encore un titre vieux de la vieille... A l'époque, il s'agissait d'un morceau punchy rock totalement désarticulé. Mais où est-t-il passé ? il n'en reste rien. Mélange de percus, de guitare discrète, d'une voix sublimement éthérée, ce morceau est une contorsion admirable pour rendre l'ensemble cohérent. et c'est réussi.
House of cards est une jolie ballade au bord de l'eau, agrémentée d'un chant haut perché redondant et apaisant.
Jigsaw falling into place tranche avec sa version live 2006 par une guitare folk au riff accrocheur, des backing vocals en support mural pour une rythmique rock bien travaillée... La voix de thom yorke est encore une fois au zénith.
Le final de videotape n'était pas attendu si on se réfère encore une fois aux versions lives entendues l'année passée... Elle y était nettement plus virulente mais ici place à la minutie... Le piano épuré nous guide au travers de rythmes saccadés et de choeurs torturés, crescendo et decresendo, c'est propre, c'est profond et c'est un final digne de ce nom (ce que je n'avais pas noté à la 1ère écoute...) C'est une véritable implosion.
Bilan : Je me rend compte que la description des titres ne renvoit pas du tout l'image d'énorme émotion qu'on peut ressentir à l'écoute de In Rainbows. Cet album me renvoit à plein de souvenirs audiophiles de mon adolescence, de soirées entières passées à écouter le même album en boucle assis par terre dans ma chambre et le flot d'émotions qui passaient en moi. C'est une grosse claque, même pour un fan avertit comme moi.
Certains détails ne trompent pas : la basse est très présente et très précise sur l'ensemble de l'album et apporte une rondeur et une réelle cohésion à l'album. Les guitares reprennent du service mais ne font pas machines arrières, au contraire. L'électro se fait plus fin, plus discret. La voix de Yorke prend une autre ampleur, peut-être pas mieux que ok computer ou Kid A mais une autre ^^.
J'ai une première thése. Ce disc est un anti Kid-A, au meilleur sens du terme qui soit. j'ai lu sur un forum qq'un qui disait que c'était un peu le ying et le yang... J'adhère à ce commentaire sans hésitation.
edit : pour le petit comment : 1.2 millions de téléchargement (légal) sur la 1ère journée de lancement !!! :o